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Exchorésis n°1 - Juillet 2002
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Critique (livres reçus)
mardi
15 octobre 2002
MANIRAGABA BALIBUTSA, Le potentiel ontologique des langues bantu face à l’ontologie classique, Monographies philologiques et philosophiques africaines, I, CICIBA, Libreville 2000Les monographies philologiques et philosophiques africaines ! Voilà un programme bien ambitieux et passionnant. Ce premier volume annonce déjà la couleur : une autre ontologie ou un autre type de discours sur l’être et l’étant veut se positionner face à l’ontologie classique en légitimant la pluralité et la relativité des ontologies tout en proclamant le terrain de la sémantique comme étant le seul lieu du dialogue interculturel ; là où l’ontologie, basée sur les seules possibilités néotiques offertes par les langues indo-européennes, régnait presque en maîtresse absolue. Ce nouveau type de discours ontologique en tant que simple pensée de la pensée et un simple effort de restauration critique de l’analyse du monde véhiculée par les centaines de langues africaines dans leur originalité structurelle et leur richesse lexicale se veut une ontologie purement rationnelle par opposition à l’onto-théologie classique occidentale. Le lecteur est invité à méditer sur chacun des multiples énoncés téméraires et novateurs qui se trouvent dans ce premier volume introductif et exploratoire qui n’est pas un simple bilan conceptuel mais est prégnant de multiples développements théoriques et dont les thèmes majeurs seront explicités au fur et à mesure de l’avancement de l’ensemble des recherches prévues. En voulant dépasser aussi bien les théories tempelsiennes sur l’ontologie bantu que l’hypercriticisme stérile des courants anti-ethnophilosophiques qui, tous les deux, handicapent l’émergence d’une véritable pensée philosophique bantu, ce nouveau projet ontologique se place sur le terrain de la philologie, de la sémantique et de la structure linguistique comme le seul terrain sur lequel une analyse objective et rigoureuse de la pensée multiséculaire des peuples sans écriture est possible. Editeur CICIBA Luc NGOWET, Petites misères et grand silence, Culture et élite au Gabon, Raponda Walker, 2001 Utopie sociale ou réforme ? Le miroir d’une société paradoxale Que ce miroir ait été placé par un fils de ce pays est plus qu’heureux : voilà qui peut difficilement entretenir notre trop bonne conscience de nous-mêmes, abondamment nourrie par notre « culture de la sorcellerie » qui consiste en particulier à imputer à l’autre, en l’espèce à l’Occident colonialiste et impérialiste nos malheurs. En effet, à peine y trouve-t-on le Lycée français accusé de reproduire, dans ses limites, des inégalités sociales propres à une société profondément injuste. Bien plus, on dira encore que ledit lycée ne ferait que reproduire les inégalités sociales propres à toute société qui se reproduit par l’éducation. En effet, comme l’ont depuis longtemps montré Bourdieu & Passeron, la culture a ses héritiers, c’est-à-dire des gens qui sont prédisposés à réussir dans les études, et donc dans la société, simplement parce qu’ils sont favorisés par la culture. Que ce « paradoxe gabonais » ait été dénoncé par les observateurs extérieurs n’enlève rien au mérite de l’auteur qui est paradoxalement dans son propre paradoxe. Celui-ci consiste à inviter à la culture au moment où tout le monde ou presque se laisse endormir par l’inculture ou le manque de culture ambiant. Autrement dit, son paradoxe ou son étrangeté, qui fait son mérite, con |
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